Les différentes spécialités de la PTS
La Police Technique et Scientifique ne se résume pas à « relever des empreintes ». Elle regroupe de nombreuses disciplines scientifiques, chacune avec ses techniques, ses outils et ses expertises propres. Connaître ces spécialités est important pour le concours (le jury appréciera votre culture PTS) et pour orienter votre future carrière.
Traces papillaires (dactyloscopie)
C'est la spécialité historique de la PTS. Elle consiste à révéler, relever et comparer des traces digitales et palmaires. Les techniciens utilisent :
- Poudres dactyloscopiques : noire (sur surfaces claires), blanche ou fluorescente (sur surfaces sombres). La poudre adhère aux résidus graisseux laissés par les crêtes papillaires.
- Réactifs chimiques : cyanoacrylate (fumigation qui polymérise au contact des résidus), ninhydrine (réagit avec les acides aminés présents dans la sueur), DFO (diazafluorénone, plus sensible que la ninhydrine).
- Lumière alternative : lampes UV et polychromatiques pour faire apparaître des traces invisibles à l'œil nu.
Les empreintes relevées sont comparées avec le FAED (Fichier Automatisé des Empreintes Digitales), qui contient les empreintes de plus de 7 millions d'individus. Une correspondance nécessite au minimum 12 points caractéristiques concordants (minuties) pour être validée en France.
Biologie / ADN
L'analyse de traces biologiques est devenue un pilier de l'enquête criminelle moderne. Les techniciens prélèvent notamment :
- Sang : taches, projections, traces de contact. Le test de Kastle-Meyer (phénolphtaléine) ou encore le révélateur de traces latentes de sang Bluestar permet de confirmer la nature sanguine d'une tache suspecte
- Salive : sur des mégots, des enveloppes, des bouteilles ou des verres.
- Sperme : essentiellement dans les affaires de violences sexuelles (préservatifs, lingerie, literie, sur des victimes).
- Cheveux et cellules de contact : un simple contact avec une surface peut déposer des cellules épithéliales pouvant être exploitables pour une analyse génétique.
En laboratoire, l'ADN est extrait, amplifié par PCR (Polymerase Chain Reaction) et analysé via des marqueurs STR (Short Tandem Repeats) pour établir un profil génétique unique. Les profils sont comparés à un profil génétique d'un suspect ou au FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques), qui contient plus de 4,8 millions de profils.
Balistique
L'étude des armes à feu, munitions et trajectoires. Les experts en balistique analysent :
- Les douilles : les marques laissées notamment par le percuteur et l'éjecteur permettent d'identifier l'arme ayant tiré.
- Les projectiles : les rayures imprimées par le canon sont uniques à chaque arme.
- Les trajectoires : reconstitution des angles de tir à partir des impacts notamment en utilisant la reconstruction numérique 3D.
- Les résidus de tir (RDT) : particules de plomb, baryum et antimoine détectées au microscope électronique à balayage (MEB) sur les mains ou les vêtements d'un suspect.
Les données balistiques sont enregistrées dans le fichier FNIB (Fichier National d'Identification Balistique).
Envie d'aller plus loin ?
Cours structurés, QCM ciblés, coaching oral — tout pour être admis.
Documents et écritures
Analyse de documents falsifiés ou contrefaits, comparaison d'écritures manuscrites, détection de faux en écriture. Cette spécialité fait appel à :
- Techniques optiques : lumière rasante, infrarouge, ultraviolet pour révéler des altérations.
- Analyse chimique des encres : chromatographie pour identifier la composition d'une encre et détecter des ajouts ou modifications.
- Comparaison de signatures : étude des caractéristiques individuelles d'une écriture (pression, forme des lettres, espacement)
Informatique et numérique
Spécialité en pleine expansion. Les techniciens du numérique extraient et analysent des données à partir de :
- Téléphones portables : récupération de messages supprimés, géolocalisation, historique d'appels, photos / vidéos, réseaux sociaux, etc.
- Ordinateurs et serveurs : analyse de disques durs, récupération de fichiers effacés, analyse de logs, analyse des composants électroniques, etc.
- Supports de stockage : clés USB, cartes SD, cloud
- Objects connectés : enceintes et montres connectées, domotique, système électronique embarqué dans les véhicules, etc.
- Réseaux sociaux et messageries chiffrées : sous réquisition judiciaire
Le numérique est aujourd'hui présent dans la majorité des enquêtes judiciaires, même celles qui ne sont pas liées à de la cybercriminalité. Un téléphone portable contient souvent plus d'indices qu'une scène de crime physique.
Incendies et explosions
Recherche des causes et circonstances des incendies. Les techniciens :
- Prélèvent des résidus pour détecter la présence d'éventuels accélérants (essence, kérosène, solvants)
- Analysent les matériaux et la propagation du feu pour déterminer la zone d'origine (le foyer).
- Reconstituent la chronologie du sinistre pour différencier un incendie accidentel d'un incendie criminel.
Comment se spécialiser ?
En début de carrière, vous serez d'abord généraliste. La formation initiale à l'école national de police scientifique à Ecully couvre toutes les bases. Après 3 à 5 ans de terrain, vous pourrez demander une formation de spécialisation. Le choix dépend :
- Des places disponibles : certaines spécialités sont plus demandées que d'autres
- De votre profil scientifique : un parcours en biologie facilite l'accès à la spécialité ADN
- De vos préférences et aptitudes : appétence pour le terrain ou le laboratoire, intérêt pour le numérique, etc.
Certains techniciens restent généralistes toute leur carrière et c'est aussi un choix valorisant, car le terrain offre une variété d'interventions que la spécialisation ne permet pas toujours.

